Sujet du message: Hervé Falciani, le voleur de données clients de la banque HSBC Genève - YouTube
Publié: Mar 15 Déc 2009, 09:08
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L'incroyable odyssée du voleur de données bancaires HSBC | Le nom de l’ex-employé de la banque HSBC suspecté de vol de données est connu: Hervé Falciani. C’est l’un de ses proches qui aurait dénoncé ses agissements illicites à la police fédérale helvétique. Ses agissements jettent le doute sur l’ensemble des employés frontaliers, dans un secteur déjà suspicieux.
ELISABETH ECKERT et PIERRE-YVES FREI | 15.12.2009 | 00:05
Dans l’affaire des données volées à la HSBC, la logorrhée des autorités françaises est à la mesure de la discrétion privilégiée par les Suisses. Le Ministère public de la Confédération refuse toujours de communiquer sur un cas dont la procédure est en cours. Jeanette Balmer, porte-parole du Département fédéral de justice et police, a rappelé hier qu’elle ne se prononcerait pas sur tous les détails parus dans la presse hexagonale. Quant à la banque, elle maintient ses déclarations. «Je le répète, dit le porte-parole de HSBC Private Bank, à notre connaissance, les données volées concerneraient moins de dix clients, lesquels ont tous été informés par nos soins. En outre, si nous sommes effectivement très occupés à rassurer nos clients, il n’y a pas de mouvement de panique.»
Pourtant, les autorités françaises cherchent toujours à déstabiliser la partie adverse. Avant-hier, le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, affirmait dans les colonnes du Journal du Dimanche que les fameuses données volées à la banque HSBC concerneraient 130 000 noms, dont environ 4000 sociétés ou particuliers français.
Le grand écart est donc toujours plus béant entre les déclarations des autorités hexagonales et celles de la banque. Comment une telle disparité est-elle possible? Mystère. Des sources proches de la banque prétendent que l’établissement bancaire tenterait depuis une semaine d’obtenir des informations de la part du Ministère public de la Confédération ou de la justice française. En vain.
Dénoncé par un proche
C’est en 2008 que Berne se saisit de l’affaire et envoie ses limiers surveiller l’informaticien de HSBC, Hervé Falciani. Sur demande de la banque? Pas du tout. Selon des informations obtenues par la Tribune de Genève, l’homme aurait été dénoncé par l’un de ses proches qui était au courant de ses agissements.
Le 22 décembre 2008, Hervé Falciani est arrêté, présenté à un juge fédéral et son ordinateur confisqué. Pour une raison obscure, Hervé Falciani est relâché le lendemain de son arrestation par la justice helvétique. A l’issue de la confrontation, la banque genevoise est informée des faits et dépose une plainte.
Falciani en profite alors pour quitter la Suisse et s’installer près de Monaco (lire ci-dessous). Ce départ précipité qui ressemble à une fuite convainc le Ministère public de la Confédération d’adresser à la France, en janvier 2009, une demande d’entraide judiciaire.
Comme l’informaticien réside désormais près de Nice, c’est Eric de Montgolfier qui est saisi de l’affaire. Le procureur, célèbre depuis sa confrontation avec Bernard Tapie, ordonne alors une perquisition au domicile du suspect au mois de janvier 2009. Chez ce dernier, qui se montre immédiatement prêt à collaborer avec la police, les enquêteurs saisissent un ordinateur qui contient essentiellement des données cryptées de la banque.
Un décryptage rendu possible par la Suisse?
Si ceux-ci parviennent finalement à en prendre connaissance, c’est, disent-ils, grâce aux autorités helvétiques qui leur auraient fourni les clés informatiques nécessaires au décryptage. Une hypothèse qui, tant qu’elle n’aura pas été confirmée soit par la banque, soit par le Ministère public de la Confédération, restera sujette à caution. On imagine mal Berne fournir à la France la possibilité de lire des données bancaires confidentielles. Quoi qu’il en soit, en détaillant les données devenues lisibles, Eric de Montgolfier croit détecter des indices suggérant des actes illicites liés à des opérations de blanchiment d’argent et ordonne une enquête. A partir de cet instant – détail d’importance – la procédure interdit tout retour en Suisse des données volées à la HSBC.
Selon l’édition du Figaro d’hier, le procureur français transmet les noms des clients à la direction régionale des finances publiques des Alpes-Maritimes le 9 juillet 2009. Pourtant, il semble que le fisc français connaissait déjà l’existence de cette liste depuis plusieurs mois, puisque, selon le Journal du Dimanche, Hervé Falciani aurait pris contact avec la Direction nationale des enquêtes fiscales pour la lui remettre en janvier 2009.
Sur France 2, dimanche soir, l’informaticien soulignait qu’il n’avait jamais voulu monnayer ses révélations. Une affirmation démentie par une source interrogée hier par la Tribune de Genève qui confirme l’information selon laquelle Hervé Falciani aurait, dans un premier temps, tenté de vendre ses données aux autorités libanaises.
Rome rapatrie 150 milliards
Un record historique La troisième amnistie fiscale lancée par le gouvernement italien, dont la date butoir a été fixée à aujourd’hui 15 décembre, a connu un succès record. Selon les premières indications, elle dépasserait même, en un coup, les deux amnisties fiscales précédentes. Ainsi, d’après des fuites de l’administration fiscale italienne, quelque 100 milliards d’euros d’argent au noir auraient été légalisés.
Tremonti heureux Le ministre italien de l’Economie, Giulo Tremonti (photo AFP), peut se frotter les mains. Sûr de lui, il avait déjà inscrit au budget 2010 une entrée fiscale exceptionnelle de 3,7 milliards d’euros, obtenue grâce au Scudo. En clair, Rome espérait au mieux le rapatriement de 80 milliards d’euros. Toujours selon le fisc italien, 5 milliards d’euros seraient déjà entrés dans les caisses.
Délai en avril Tremonti ne communiquera d’à la fin de décembre sur le montant exact obtenu au 15 décembre. Mais son ministère a déjà consenti un délai, au 30 avril 2010, pour un certain nombre de contribuables, notamment pour les travailleurs frontaliers. Ces derniers ont d’ailleurs protesté en masse, le week-end dernier, contre l’obligation qui leur est faite de déclarer l’entier de leurs revenus en Suisse. Ils estiment ainsi que le Tessin ristournant 40% des impôts à la source à l’Italie, ils devraient être exemptés du Scudo. Quoi qu’il en soit, la pression de Rome sur ses concitoyens semble avoir porté ses fruits.
EE
Falciani fait peser le soupçon sur les Français de Genève
Sur les sites Internet du Figaro ou sur les blogs français, les réactions ne manquent pas. En clair: «Les frontaliers ne lui disent pas merci.» A Genève, dans le secteur bancaire, c’est officiellement l’omerta. Mais, dans les bars entourant le quartier des banques, les langues se délient: «Deux banques genevoises auraient déjà pris des mesures pour que leurs clients français ne soient plus conseillés par des frontaliers.»
L’être humain est effectivement le maillon faible de la chaîne de sécurité interne: «Le risque d’être dénoncé par un collaborateur est majeur», confie ce cadre bancaire. Le climat actuel de réduction de personnel favorise, en tous les cas, les rancunes.
Peu à peu, des informations plus précises sortent également sur la personnalité même d’Hervé Falciani. Celui que l’on surnomme déjà à Genève le Bradley Birkenfeld II (en référence au gestionnaire de fortune d’UBS qui a livré des dizaines de milliers de noms au fisc américain) est né en 1972 à Monaco. Son plus haut fait d’armes? L’informaticien, passionné d’aviron, a été trésorier de la très vénérable Société nautique de Monaco, en 2003, alors qu’il était déjà employé de la banque HSBC sur le Rocher.
Le technicien informatique sera muté en 2005 au siège de Genève et commencera, selon ses propres déclarations, à collecter des informations: «Si vous découvrez que des strates de structures offshore ne servent qu’à contourner les prélèvements et que la seule légitimité de ces structures est là, que faites-vous? Soit vous faites l’autruche, soit vous essayez de comprendre!» se justifie-t-il.
Son numéro sur Internet
Selon certaines sources, le Franco-Italien travaillait, au sein de la banque privée, avec une amie franco-libanaise grâce à laquelle il a tenté de vendre sa fameuse liste aux autorités de Beyrouth (lire ci-dessus). Après son arrestation, puis sa libération, en décembre 2008, il s’est alors réfugié dans le village de Castellar, sur la Côte d’Azur, où il a créé une société immobilière, la SCI Heidi 25! De lui, on dit qu’il vit actuellement sous protection policière et qu’il aurait changé de nom.
«Je ne me cache pas», rétorque-t-il. Juste avant qu’il n’apparaisse, dimanche soir, sur France 2, on pouvait en effet encore trouver son numéro de portable sur Internet, en tapant simplement son nom! Le procureur de Nice, Eric de Montgolfier – «mis au vert» hier, selon sa secrétaire – lui prête des intentions «messianiques». Dans l’entourage de HSBC Private Bank, c’est un autre visage qu’on laisse entrevoir, insistant sur ses tentatives avortées de vendre son «butin» au plus offrant. Selon Eric de Montgolfier, qui a ouvert une enquête pour blanchiment d’argent, «de très nombreux pays sont représentés sur les listings (ndlr: fournis par Falciani), notamment l’Italie et la Colombie.»
En Suisse, de très nombreux parlementaires se sont élevés contre la «tolérance» française face à cette liste. «Utiliser des données volées dans une procédure pénale est indigne d’un Etat de droit», s’exclame ainsi Christian Lüscher. Le conseiller national PDC soleurois Pirmin Bischof s’indigne quant à lui du silence assourdissant du Conseil fédéral et du Ministère public: «Si le gouvernement ne réagit pas rapidement, il laisse croire qu’il tolère de tels agissements.»
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