Pour Nicolas Sarkozy, c’est très clair et c’est oui.Â
En exigeant que les dirigeants des banques françaises renoncent à leurs bonus au titre de l’exercice 2008, Sarkozy envoie un signal fort aux nababs de la finance moderne : rien ne sera plus comme avant. L’époque des gros profits à très courte vue est désormais révolue.
Mais est-ce suffisant ?
Il faut tout d’abord rappeler le contexte : l’invraisemblable épopée des subprimes précédée et accompagnée d’un endettement généralisé. Une part grandissante de la croissance des sociétés occidentales s’est faite à crédit ces 20 dernières années sous le joug du développement d’artifices financières toujours plus efficaces. Le bouquet final : la titrisation massive de crédits hypothécaires américains pourris disséminés un peu partout avec pour corolaire la faillite de millions de ménages américains et une récession mondiale. Le tout, sous la complaisance et l’accompagnement même, d’agences de notation déshonorées qui ont failli à leur mission.
Les grandes banques d’affaires, Ă l’origine de la production et de la commercialisation des titres « subprimes » (produits regroupant de milliers de crĂ©dits hypothĂ©caires plus ou moins pourris), et les agences de notation, ont une responsabilitĂ© essentielle dans la situation actuelle. Ces financiers rĂ©munĂ©rĂ©s des dizaines de millions par annĂ©e (par tĂŞte de pipe) ont imaginĂ©, crĂ©e et commercialisĂ© ces produits toxiques sur les marchĂ©s financiers. Quant aux agences de notation, elles ont Ă©valuĂ© ces produits comme les plus sĂ»rs alors mĂŞme que les crĂ©dits hypothĂ©caires les composant avaient Ă©tĂ© accordĂ©s souvent Ă taux variables et Ă des mĂ©nages parfois sans revenus. Pendant plusieurs annĂ©es, ces produits financiers ont gĂ©nĂ©rĂ© des dizaines de milliards de profits et des bonus stratosphĂ©riques.Â
Dès 2007, le retournement du marché immobilier américain a provoqué l’effondrement d’un système totalement dénué de moral et basé exclusivement sur l’avidité, la tromperie et le déni de l’autre.
D’un cĂ´tĂ©, des traders et dirigeants avides qui se sont enrichis dans des ordres de grandeur inimaginables au cours des belles annĂ©es. De l’autre, des millions de mĂ©nages ruinĂ©s, des Ă©pargnants et futurs retraitĂ©s flouĂ©s, et un système financier dĂ©crĂ©dibilisĂ© sauvĂ© en dernier ressort par le contribuable. Durant quelques annĂ©es, ces traders et dirigeants ont pris des dĂ©cisions dĂ©vastatrices pour la collectivitĂ© mais qui leurs ont rapportĂ© des milliards.Â
D'oĂą la question suivante...
Ces milliards ne devraient-ils pas être tout simplement restitués à la société ? Est-ce réellement impossible ?... En politique, tout est possible....
noreply@blogger.com (Edouard Martin)
http://www.trendis-yourfriend.com/2009/01/faut-il-moraliser.html